| PROJET “CANVILAB”, FUTUR atelier des producteurs de produits alimentaires (entre autres) |
Can Vila, Sant Joan les Fonts
Par Maria Vidal, maire de Sant Joan les Fonts
Le commerce, qui a fait vivre les rues de nos villes, souffre aujourd’hui des assauts de la mondialisation. Il semble de plus en plus difficile d’empêcher le déclin des centres historiques et, avec eux, la prospérité et la cohésion du territoire. C’est donc un élément clé à entretenir, à revitaliser et à faire évoluer.
CanVi.lab est né comme une réponse réaliste et ambitieuse à de nombreuses questions sur la prospérité dans le monde rural.
Tous, formulés et détectés lors de la co-création d'un plan stratégique municipal, résultat d'un processus participatif avec les différents agents de Sant Joan les Fonts.
Un plan qui répond à la fois aux Objectifs de Développement Durable et au FEM GARROTXA, le plan stratégique de la région de la Garrotxa, co-créé au niveau régional avec plus de 6 000 personnes de différents groupes et entités.
L’opportunité et le potentiel d’une confluence unique
Can Vila, l'ancienne usine de papier située au centre de la ville, appartient désormais à la municipalité, propriété de tous.
Située au centre de l'artère de la ville et présentant des caractéristiques uniques dues à sa proximité avec la rivière et les coulées de lave, Can Vila a tout pour être l'épicentre d'une vaste vague de régénération.
La volonté politique,
La poussée des voisins.
Le patrimoine et la vision industrielle de la ville.
Un commerce qui résiste lié à la tradition et à l'innovation.
L'énergie et les capacités de nos jeunes.
La fermeté que la Formation Professionnelle a acquise dans la région.
Le potentiel de la diversité de la ville.
Le dynamisme de son tissu associatif.
Tous ces atouts constituent la base pour construire une réponse solide et forte aux défis liés au dynamisme co-commercial.
Une proposition co-créée
Pour tout cela, nous sommes immergés dans un processus de conception participatif avec tous les agents, promu par la Mairie de Sant Joan et accompagné par Resilience Earth, avec une méthodologie et un processus conçus pour élaborer ensemble une proposition :
Ambitieux et réaliste. Stratégique et concret. Agile et enraciné. De la ville et avec une vue régionale. Connecté aux besoins réels des habitants de la ville et de la région, répondant à leurs espoirs et à leurs intérêts.
C'est la clé du succès.
Parce que CanVi.Lab va bien au-delà du bâtiment de Can Vila : c'est déjà tout ce qui se passe et se génère au cours de son processus de co-création, les réflexions et les conversations qu'il provoque, le réseau qui se génère autour de lui, la somme et la combinaison des capacités, connaissances, expertises et énergies ramenant dans la même direction. CanVi.Lab est un moteur de régénération.
Fem Garrotxa, un vaste processus de concertation citoyenne
Centre Sociocultural, Sant Joan les Fonts
Par Maria Vidal, maire de Sant Joan les Fonts
Santi Reixach, maire de Vall de Bianya, et président du Conseil Régional
Alba Ocaña, technicienne publique de Fem Garrotxa i l’Observatori
Francesc Canalías, membre actif de la société civile de Fem Garrotxa
Si nous sommes la Garrotxa, faisons la Garrotxa !
11%
Est ce pourcentage que nous visions pour activer le levure critique* [agents multiplicateurs de catalyseurs communautaires] qui est nécessaire pour mobiliser les acteurs critiques masse de la région.
Dans le cas de la Garrotxa, c'était notre levure critique* [agents multiplicateurs de catalyseurs communautaires]
nécessaire pour mobiliser les acteurs composant cette masse critique.
Pour réaliser un diagnostic participatif de la biorégion, il nous fallait accompagner ce levain critique pour identifier les leviers du territoire.
6.700 participants
16 tables rondes thématiques
700+ participants
Les observatoires biorégionaux sont fondamentaux pour catalyser les processus démocratiques et il est essentiel que nous les nourrissions d'une manière approche communautaire (sensing citoyen/
science) et transectorielle afin d’évoluer vers un territoire plus résilient.
Ces observatoires abriteraient des personnes dotées
d’excellents esprits et d’excellents outils, mais ils ne seraient pas isolés, comme le sont si souvent les centres
scientifiques, de la vie des gens ordinaires ou des réalités des processus. Les habitants de ces centres seraient à l'aise avec les agriculteurs, les employés, les planificateurs et les chefs d'État et pourraient à la fois les écouter et leur parler.
18 sessions techniques 120 experts de tous secteurs
Ce travail de concertation s'est réalisé dans le cadre des Ojectifs du Développement Durable qui ont servi de support à la rédaction de la stratégie locale. De nombreux indicateurs et paramètres d'évaluation ont été formulés mais il est impossible de dire si les objectifs ont été atteints. L'évaluation de la stratégie n'est pas effective, elle ne permet pas de comprendre ce qui est en train de s'accomplir. C'est une méthodologie agile qui est nécessaire, capable d'adapter en permanence les méthodes et d'accompagner les processus émergents, de répondre aux situations de crise. C'est une vision systémique de la réalité qui doit être proposée.
Dans ce processus d'observation et d'évaluation, il y'a très peu de soutien politique, voire quasi pas.
Les conseils de village (conseils citoyens)
Chaque conseil de village fonctionne de manière distincte en fonction de la volonté de l'équipe municipale en place et de l'écosystème du village.
Mais quelques éléments communs se distinguent. Au départ, les élus se sont réunis sur la place du village et ont présenté leur stratégie pour écrire leur plan d'actions municipale : ils sont sont venus écouter. C'est un défi quotidien que de sortir de la mairie et d'aller dans la rue, mais c'est la rue que les gens parlent le plus librement et le plus spontanément, on s'ouvre plus facilement. Les élus ont des relais également avec l'équipe technique municipale et la police locale qui sont au contcat quotidien des habitants. Il y'a un travail coopératif entre les différents agents pour reccueillir la parole des habitants. Ponctuellement, sur des sujets très précis, le temps d'un week end, des boîtes à idées sont posées dans tous les endroits du village afin de consulter les habitants.
En 3-4 ans, tout cela fonctionne très bien. Les règles sont très importantes. Le processus est lent, le désespoir peut guetter. Le ryhtme de ces conseils de village est mensuel.
Les élus ne sont pas seuls dans ce processus, ils sont guidés par Resilience Earth.
Le conseil de village est une courroie de transmission des besoins des habitants pour les élus. Il doit toujours y avoir un élu et un technicien dans ces conseils, ainsi que des habitants de chacun des quartiers, des hameaux. Au total, ce sont 9-10 habitants qui s'engagent pendant 4 années pour leur village et qui partagent les informations reccueillies avec les élus. Il s'agit d'élections sans candidat, chaque habitant propose un nom d'un voisin, d'une personne de confiance, et c'est celui qui est le plus souvent cité qui remporte l'élection. Ensuite, les personnes élus choisissent un thème de prédilection.
On parle ici de villages de petite taille entre 450 et 1000 habitants.
D'autres conseils de village sont moins dans l'action, mais davantage dans une réflexion collective de ce qu'ils souhaiteraient pour leur village, sous forme de dicussion libre.
Enfin, un conseil de village, dont la dynamique participative était enclenchée depuis près de 10 ans, c'est transformé aux dernières élections en liste municipale. Les représentants de chaque commission thématique du conseil de village sont devenus conseillers municipaux et désormais le lien entre le conseil municipal et le conseil de village est plus fluide et les propositions des habitants sont intégrées plus rapidement dans les décisions locales.
D'autres conseils de village ont fait le choix d'être composés par un représentant de chaque association locale.
Des conseils de village se sont organisés et structurés autour de problématiques très précises comme la vieillesse, la circulation en période d'affluence touristique ou la gestion de la forêt.
A l'échelle intercommunale, sur 21 communes, 14 ont désormais un conseil de village. Ces derniers fonctionnent en réseau et échangent leurs bonnes pratiques et leurs difficultés. Ils s'entraident. Ils ont besoin d'outils pour prendre des décisions avec les habitants et pour répondre aux tensions. Ils sont en recherche d'un fonctionnement pérenne et durable de la participation des habitants. Resilience Earth a soutenu un festival des nouveaux modèles de gouvernance locale qui a réuni plus de 300 personnes dans le cadre du programme ILTIR dans l'objectif d'habiter le territoire de manière communautaire, pour connaître ce qui se passe ailleurs, faire de l'interconnaissance.
Cet évènement a ainsi permis de créer un réseau d'entraide contre un projet privé d'embouteillage de la ressource en eau, sur une petite commune.
Changer de modèle de gouvernance municipale est complexe et suppose d'affronter de nombreux problèmes.
Parmi les bonnes pratiques :
- veiller à la diversité du groupe, qu'elle soit représentative de la diversité du territoire, avec 25% de population immigrée c'est un défi. Cette diversité a été garantie en s'appuyant sur une base de données
- veiller à la qualité du processus participatif comme pourrait le faire par exemple une commission locale du débat public
Les conseils de village sont une forme de néo-politique. La participation c'est encore différent de la contribution, de l'implication. Ce qui est rechercher ici c'est plus de contribution des membres du conseil de village afin de parvenir à un modèle de co-gestion des lieux publics.
Carte européenne du tourisme durable (CETS) de la garrotxa
La stratégie est basée sur 3 blocs d'action : secteur public, secteur privé et population locale, qui a servi au cours des 5 dernières années à concentrer les axes d'action. et avancer dans la protection du territoire et la gestion du tourisme intégré chez tous les acteurs concernés. Les résultats montrent un processus de maturation très positif dans la coordination et l'implication régionales, ainsi que dans la manière de travailler.
ATELIER SUR “La GOUVERNANCE RéGéNéRATIve”
Une spirale régénérative est un modèle conceptuel qui cartographie l'évolution dynamique des systèmes, tels que les communautés, les organisations ou les écosystèmes, selon deux axes : l'équilibre énergétique et la complexité. L'axe horizontal reflète le coût ou l'abondance énergétique généré par les actions, tandis que l'axe vertical représente la complexité du système. Se déplacer vers la gauche sur l’axe horizontal implique des actions avec un coût plus élevé, tandis que se déplacer vers la droite génère plus d’abondance. Descendre sur l’axe vertical reflète une complexité moindre, tandis que monter indique une complexité croissante. La spirale comprend des paradigmes allant de la résistance et de la détermination à la pensée holistique, représentant le parcours du système depuis le traumatisme et le déséquilibre jusqu'à la guérison et la coexistence régénératrice.
Rétrospective quotidienne
Jour-2
Nos plus grands étonnements
- Ils ont tout pour faire, mais très étonnant qu’ils ne fassent pas plus référence à leur histoire, à leur passé ; un laboratoire citoyen
- Voir des jeunes femmes à la tête d’une municipalité : le statut de l’élu en Espagne n’est peut être pas le même qu’en France
- Un temps d’avance sur nous en matière de gouvernance
- 14/21 communes avec un conseil de village
- Se plonger dans un ibérisme millénaire et zapper complètement les derniers siècles au prétexte que c’est une mémoire traumatique
- Prix du repas à midi (prix/qualité)
- Persévérants
- Pouvoir acheter une usine à 650 000 € et un château à 400 000 €
- Pas de temps de présentation de nous : comment produire de l’échange dans ce cadre ? Comment se positionner sans savoir ?
Nos prochains petits pas
- Boîte à lettres à idées dans différents lieux des communes
- Lancer dans un processus collectif, lancer un usage avant d’investir un lieu (mettre le cadre pour accompagner la discussion), pour ouvrir la porte
- Renouvellement de la municipalité dans deux ans : il faut agir de suite comme à Plessé qui a travaillé avec des jeunes dès 14 ans, place et fête, évènementiel est un bon levier
Ce que j'en retiens...
- Celui qui demande qui a le pouvoir
- Les traumatismes nous enferment dans nos schémas
- C’est naturel, ils ne posent pas de questions, ils n’ont pas peur
- Un conseil villageois qui a pu se dupliquer en si peu de temps dans une commune. 6000 contributions en si peu de temps. Le travail de fond au sein de la comarca
- L’accompagnement par une structure comme ça apparaît comme un élément indispensable
- L’importance de poser ça dans un contexte de village, c’est très compliqué de déconstruire et de revenir en arrière. Ce sera un commun pour tout le monde
- Election sans candidat : dans leur quartier ils votent quelqu’un à qui il pense
Nos frustations
- Le temps d’approfondir : beaucoup de questions restées en suspens, tellement d’envie de décortiquer
- La maire qui parle seulement l'anglais
- Rapport au temps : un peu trop de contenus, manque de temps de pause et d’approfondissement
- Redite des projets très similaires et travailler plus autour du projet structurant
- Ne pas avoir de modèle de comment faire
- Trop dense, impression de ne rien imprimer
- Ce qui est intéressant dans les processus collaboratifs c’est justement la co-construction, on n’a pas un temps qui correspondrait à ça, fabriquer un espace un peu plus libre, qu’on puisse le structurer ensemble. Assemblée : 3h/4h de discussion libre