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Rencontres nationales des communes et collectifs participatifs

Melle - Nouvelle Aquitaine - France (5ème édition) | 2-5 novembre 2023


Fréquence commune : soutenir ceux qui réinventent la démocratie

Nous sommes une coopérative parce que nous souhaitons nous appliquer à nous-même les principes de coopération que nous défendons. Nous sommes un collectif professionnel et militant composé de citoyen·ne·s, d’activistes, de chercheur·euse·s et d’élu·e·s. Nous agissons depuis plusieurs années pour transformer la démocratie.En 2020, nous avons créé Fréquence Commune pour mettre en action cette transformation par le bas en accompagnant des expériences concrètes et transformatrices dans les communes.

Réseau actions communes : le réseau des communes et listes participatives

Fréquence Commune a soutenu la naissance du réseau Actions Communes. Parce que l’action locale ne suffira pas à transformer la démocratie, la mise en réseau entre élus et habitants est fondamentale. Ensemble, ils s’inspirent de leurs réussites et de leurs erreurs. Nous travaillons à élargir ce réseau et ses actions pour prouver que fonctionner de manière démocratique est plus efficace, plus pérenne et plus impactant. Ensemble nous préparons l’amplification de ce mouvement pour les Municipales 2026.

Les trois objectifs du réseau :

  • Montrer qu’on peut décider autrement, faire ensemble, citoyen·nes et élu·es.
  • Développer l’entraide entre communes participatives. Partager les expériences.
  • Soutenir l’émergence de listes citoyennes et participatives aux élections municipales de 2026.

ATELIER COLLABORATIF

Collectifs citoyens : comment aller chercher les gens et les impliquer ?

Cercle samoan
  • On invite les gens à venir mais on ne va pas forcément les chercher
  • Il faut avoir des lieux, des salles pour se réunir
  • On est minoritaires à penser que l'on peut faire de la démocratie différemment
  • Citoyens : liant entre les élus
  • Charte : voulu par un membre mais on n'a jamais réussi à la finir puis le membre est parti et on n'a toujours pas de charte. finalement, ce n'est pas un réel besoin...
  • Une fois qu'on gagne en visibilité et en légitimité, on est approchés par les partis politiques
  • Ceux qui ont accepté sont très déçus par la gouvernance et le collectif citoyen s'est peu à peu dissous
  • Comment réussir à repartir ?
  • Mobiliser pour gagner le rapport de force
  • Clarifier au maximum les prises de décision et les modalités de communication interne au groupe
  • Se projeter dans le long terme : c'est quoi notre éthique et notre vision partagée ?


Climate Change, Commons and Radical Democracy in Europe

Né au début de l'année 2023, le projet CC-CoRDE consiste à réaliser un tour d'Europe de 4 mois passant par 20 villes réparties dans 9 pays : Italie, Belgique, Allemagne, Danemark, Suède, Croatie, Serbie, Hongrie et Espagne.

L'objectif : Rencontrer des acteur.rice.s qui expérimentent des formes de démocratie plus radicales et inclusives dans un but de réappropriation des pouvoirs et des ressources par les citoyen.ne.s.23. 

Communauté Mondeggi Bene Commune à Florence

Ancrée sur le territoire de la province de Florence, la communauté Mondeggi Bene Commune expérimente depuis une dizaine d’années une autre façon de produire et de vivre ensemble en mettant le vivant, la solidarité, l’autodétermination et la démocratie radicale au centre de son projet.

BOLOGNE - De la mobilisation à la mise en place d’outils institutionnels de démocratie participative sur le long terme

Après 4 ans de luttes, la première assemblée citoyenne portant sur l’urgence climatique a débuté en avril dernier (2023) à Bologne. La question de l’adaptation aux changements climatiques est particulièrement présente dans cette ville récemment frappée par d’importantes inondations. Nous avons rencontré Pasquale, membre d’Extinction Rebellion Bologne, Mauro Biggi, membre de la Fondazione per l'Innovazione Urbana (« Fondation pour l’innovation urbaine ») et Rodolfo Lewanski, professeur en Sciences politiques et sociales à l’université de Bologne Alma Mater Studiorum et membre de l’association nationale Prossima Democrazia (« Prochaine démocratie ») qui œuvrent toustes pour que le temps d’un réel débat démocratique soit pris pour faire face à l’urgence.

Naples le réseau des biens communs

A Naples, nous avons séjourné à l’Ex Asilo Filangieri rebaptisé «l’Asilo », premier commun urbain ayant été officiellement reconnu par la municipalité. Nous avons pu échanger avec Maria Francesca De Tullio, chercheuse en droit constitutionnel investie à l’Asilo depuis 2017 ainsi qu’avec Andréa De Goyzueta, comédien, producteur de théâtre et membre fondateur de l’Asilo, très investi dans le mouvement des intermittent.e.s du spectacle.

BARI - La communauté migrante de Villa Roth

À Bari, sur la côte Sud-Est de l'Italie, nous avons découvert un réseau d'initiatives citoyennes très interconnectées entre elles. Nous avons échangé avec Moro, l'un des habitant.e.s de Villa Roth, un lieu autogéré par des réfugié.e.s qui joue un rôle politique et social majeur au sein de la ville.

BERLIN - Les référendums locaux comme levier citoyen

Toujours dans cette logique de pouvoir décentralisé, les Allemand.e.s disposent d’un outil démocratique fort : la possibilité d’engager un référendum local d’initiative citoyenne, à l’échelle de la municipalité ou de la région. Chaque Landër possédant sa propre constitution, les modalités d’organisation de ces référendums varient selon qu’on soit à Hambourg, à Munich ou à Dortmund. Voici les principales étapes d’un processus de référendum local dans la cité-état berlinoise

BARCELONE - Perte de vitesse du mouvement municipaliste emblématique de Barcelone ?

La plateforme citoyenne de Barcelona en Comú

L’arrivée au pouvoir d’un mouvement citoyen comme BeC s’inscrit dans un contexte antérieur plus large de Transition Démocratique Espagnole. Ce processus de démocratisation qui débute à la mort du dictateur Francisco Franco en 1975, met fin à “l’ère franquiste”, marquée par sa dureté et sa violence envers sa population : perte de libertés, exécutions des opposant.e.s politiques, censure, tortures, etc. Elle s’achève avec l’arrivée au pouvoir du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) de Felipe González en 1982. Au cours de cette transition démocratique, des élections multipartites sont organisées en 1977 et une nouvelle Constitution, défendant notamment une “démocratie avancée”, le pluralisme, la tolérance, l’égalité, les droits et libertés fondamentales, est adoptée par référendum en 1978.

Dès lors, le parti centre gauche social-démocrate, PSOE, et le le parti de centre droite conservateur issu du franquisme, Parti populaire (PP), s’alternent à la tête du gouvernement espagnol. Tous deux mettent en place des politiques de libéralisation de l’économie, de privatisation, de libre concurrence et des politiques pro-européennes (l’Espagne devient membre de la Communauté Économique Européenne en 1986). Les scandales de corruption sont nombreux, et la crise de 2008, qui touche gravement le pays, conduit à une explosion du taux de chômage (24,4 % en mars 2012) et à la mise en place de politiques d'austérité (baisses des salaires du secteur public, report de l’âge légal de départ à la retraite 65 à 67 ans, etc.) à l’origine de mouvements sociaux massifs.

L’un des plus connus est celui des Indigné.e.s (Indignados), aussi appelé “15-M” en référence au 15 mai 2011, date de lancement du mouvement non-violent sur la place Puerta del Sol à Madrid par l’organisation citoyenne ¡Democracia Real Ya! (« Une vraie démocratie, maintenant »). Le mouvement rassemble des centaines de milliers de manifestant.e.s dans une cinquantaines de villes espagnoles (dont Barcelone) pour en finir avec le bipartisme PP et PSOE, mettre un terme à la “dictature des marchés” et à ses conséquences écologiques et sociales, et demander des politiques plus démocratiques et qui répondent réellement aux besoins des citoyen.ne.s. Les manifestations ont lieu à l'approche des élections municipales, fixées au 22 mai 2011 et le mouvement qui scande le slogan “ Iels ne nous représentent pas !” (“¡Que no nos representan!”), appelle à ne voter ni pour le PP, ni pour le PSOE.  S’inspirant des Printemps Arabes et composé en majorité de jeunes entre 20 et 35 ans sachant parler anglais et utiliser les outils numériques,  le mouvement du 15-M se propage et s’organise sur les réseaux sociaux et sur internet. Pendant plusieurs semaines, des campements ainsi que des assemblées générales sont organisés et aboutissent à la rédaction de propositions politiques, notamment au sein du campement de Madrid “acampadaSol”. Le mouvement est source de nombreux espoirs et montre que des alternatives à la politique traditionnelle existent et permettent de gouverner par, pour et avec les citoyen.ne.s. Le mouvement dépasse les frontières espagnoles et se propage à l'international dans plus de 80 pays (France, Italie, Allemagne, Grèce, Portugal, Royaume-Uni, etc.). D’autres appels internationaux sont ensuite lancés, s’inspirant des Indignados, comme le mouvement Occupy.

Le masque de Fawkes, symbole des indigné.e.s dans le monde entier (MARIO LAPORTA / AFP)

Se mobiliser en dehors des institutions publiques n’étant pas suffisant pour faire advenir des changements plus structurels selon certain.e.s, plusieurs citoyen.n.e.s décident de se lancer dans la course aux élections municipales. C’est notamment le cas à Barcelone.

Le 15 juin 2014 est publié sur internet le manifeste de la plateforme Guanyem Barcelona ("Gagnons Barcelone") regroupant une trentaine de citoyen.ne.s issu.e.s de différents mouvements sociaux dont le 15-M, des associations de voisinage, des personnalités issues du monde académique et de la culture.

Place du marché

Rencontres urbaines

#Osons l'info alternative est un journal proposé par la minorité du conseil municipal de la commune de Saint-André-Lez-Lille dans l'objectif d'intéresser les habitants à la politique, à la vie de la cité. Au-delà du journal, la minorité propose des rencontres urbaines pour diversifier et favoriser l'expression citoyenne. Il s'agit de transformer la politique locale en alternative citoyenne et participative par :

  1. Le renouvellement des pratiques démocratiques ;
  2. La conduite de la transition écologique ;
  3. Le renforcement des solidarités ;
Barcelona en comu

Xavi Ferrer & Elena Tarifa

Bonnes pratiques de Barcelona en comu

https://medium.com/@BComuGlobal/le-municipalisme-sera-internationaliste-ou-ne-sera-pas-46838e13c5c6

  1. Combiner stratégie et contexte réel
  2. Communication / créer des échanges entre des idées et des personnes. Avoir une communication entre pairs à pairs, humble. Ne pas être technique ou politique. Contacter des journalistes et faire des connexions avec plusieurs medias pour qu'ils deviennent convaincus et notre propre voix.
  3. Approche féministe du soin. Créer un espace entre différents types de personnes. Combiner activisme et personnes directement concernées par les problèmes de logement par exemple.
  4. Confiance. Rester ouvert: créer des mécanismes de recrutement transparents. Plus vous êtes ouvert plus vous maintenez la confiance.
  5. Apprendre et se connecter au contexte. Adapter les politiques publiques aux problèmes tels qu'ils sont vécus.
  6. Faire attention de construire un écosystème, une dynamique où tu fais petit à petit. Parvenir à créer une connexion informelle, une structure dans laquelle on peut se soutenir et s'entraider.

Barcelona en comu : on organise des dialogues très ouverts avec des personnes très différentes. Ce sont des approches locales & internationales. C'est un écosystème très souple.

Réseau municipalisme européen

Créer une cartographie, des formations... pour soutenir l'écosystème, poursuivre les discussions et les réflexions. Nous avons besoin que les gens participent. Il faut bien réfléchir aux besoins du collectif auxquels le réseau européen peut répondre.

Repenser notre stratégie

Le contexte est aujourd'hui complètement différent de celui de 2015 en étant vigilant sur les limites. Il est important de veiller à une cohérence dans l'articulation avec les autres niveaux d'intervention. Il faut créer des alliances avec des mouvements en Europe. On a beaucoup à attendre d'autres expériences.

https://barcelonaencomu.cat/

https://wagingnonviolence.org/2023/05/lessons-barcelona-en-comu-ada-colau/

Est-ce que le conseil municipal poursuit la participation citoyenne ? Est-ce que ça influe durablement la façon de faire ? Est-ce que ça a transformé la façon de faire des services ?

Un travail particulier a été réalisé avec le quartier Nou Barris mais sinon on ne peut pas dire que la participation citoyenne soit une façon systématique de concevoir les politiques publiques locales à Barcelone. Nous avons parfois toujours les mêmes personnes qui participent dans les quartiers et ils se fatiguent. On n'a pas eu la possibilité d'aller chercher des personnes éloignées malgré les relais localement. La majorité en place ne fera pas l'effort.

Aujourd'hui on est convaincu de la force du municipalisme, c'est devenu concret. Les gens commencent à penser comment démocratiser leur propre vie, d'organiser leur vie en fonction de leurs besoins. Quel type de société on veut ? Nous voulons un pouvoir diffus, une démocratie. C'est la question de la démocratisation dans leur foyer, dans leur quartier... et cela peut être fait avec différents acteurs. L'idée est de créer une seule culture, un espace en commun. C'est pourquoi on réfléchit à tous les réseaux municipalistes européens. Il y'a des organisations qui cherchent à gagner des élections et d'autres pas.  L'expérience de Xavi c'était la politique de la rue, des mouvements sociaux. Penser un espace ouvert, construire un mouvement qui n'a pas la réponse sans grande idéologie.

La France est le pays qui peut connecter la culture citoyenne du sud de l'Europe et du nord de l'Europe. L'expérience citoyenne qui se vit aujourd'hui en France est un héritage de ce que Barcelona en comu a impulsé. Le partage de nos besoins leur permet de ré-inventer.

Ils ont beaucoup investi l'institutionnel mais ils n'ont pas assez travaillé au niveau du municipalisme social, ils n'ont pas assez pris le temps de travailler cet espace de confluence davantage lié aux besoins sociaux réels.

Syndicats du logement ont leur propre lieu, réappropriation des quartiers, coopératives d'habitants. Il y'a tout un tissu d'initiatives d'habitants citoyennes. Ils ont aussi besoin d'outils pour agir à d'autres échelles. Comment on pense à de nouvelles formes de réorganisation ?

Mai 2025, Sheffield pour le réseau Fearless Cities.

16-19 novembre Réseau informel des municipalistes à Naples.

Table de co-développement

Participation washing : où est la vraie authenticité de l'approche participative ?

Commune de Crest

Contexte

Derrière les mots (référendum local, budget participatif, réunions de quartier, commissions extra-municipales comme celle du "renouveau patriotique"...), quelles sont les réelles intentions ? Où se situe la participation ?

Ces outils de la participation sont détournés pour renforcer l'approche paternaliste et autoritaire du maire qui s'en saisit pour délivrer aux habitants, ses projets et son message.

Le processus participatif est devenu un outil de communication politique avec de très belles photos qui plus est.

En 2026, la participation ne sera plus un marqueur électoral.

Questions de clarification

Quel est le problème avec le budget participatif, ça reste de la participation pourtant. Où est réellement le problème ? Certaines communes participatives l'utilisent et la participation y fonctionne bien. Quel a été le processus ? Appel à demande, première sélection de projets puis foire aux marchés avec vote ouvert de tous les habitants.

Crest, une commune de 9 000 habitants.

Majorité à la communauté des communes, ce qui donne un légitimité à la minorité municipale.

Avec qui tu peux partager cette vision ? Un noyau de 15 personnes bien engagées.

Est-ce que la participation répond bien à ces dipositifs ? Combien y'a-t-il de participants ? Pas d'information transparente donc pas de données. On ne sait pas.

Est-ce qu'en tant que groupe minoritaire vous avez des démarches participatives ? Oui, durant la campagne. Depuis le début de mandat, une association a été créée, REBOND, une renaissance de la minorité. Cette association propose une information objective via des réunions publiques notamment autour de la gestion de l'eau. Les élus de la majorité assistent à ces réunions. Organisation des voeux de la minorité avec ateliers participatifs. Clips et vidéos de campagne de très belle qualité.

Avez-vous utilisé ce référendum local ? Non, jamais jusqu'ici. Pourtant il y'aurait un intérêt pour la tarification progressive de l'eau par exemple. Mais le résultat il y'aurait seulement un débat en conseil municipal avec un veto du maire. Cela s'est passé trop de fois et c'est très démotivant.

Problématique

Dans une perspective de gagner les élections via une liste citoyenne en 2026, basée sur le marqueur de la participation citoyenne, alors que faire face à la communication politique actuelle fondée sur la qualité de son processus participatif (alos que ce n'est pas une réalité) ?

Echanges

  • Rendre visible la manoeuvre
  • Savoir sur qui on peut s'appuyer pour résoudre la problématique
  • Définir c'est quoi le participatif pour vous, et en quoi avec le maire actuel ça ne l'est pas; ce que l'on accepte ou pas, bien analyser ce qui dysfonctionne, l'objectiver le plus possible
  • Faire très attention à votre colère
  • Identifier les angles où vous allez vraiment les coincer
  • Le problème de transparence est facile à prouver (cf. texte nationale CNCL) et si les critères ne sont pas respectés il sera déstabilisé
  • Reconnaître qu'il y'a des choses qui sont réalisées et qui sont bien
  • Créer un espace où la colère des habitants puisse s'expliquer
  • Donner à voir ce qui est positif, perdre moins de temps à analyser le négatif. Faire quelques sorties régulières piquantes et humouristiques (dessin, théâtre de rue our dénoncer les faux processus participatifs...)
  • Faire de l'information citoyenne de qualité pour montrer ce que c'est
  • Offrir des espaces aux citoyens pour participer à des processus participatifs de qualité
  • Plein d'angles possibles en fonction des personnalités de chacun. Faire un état des lieux des personnes qui ont envie d'oeuvrer et agir en fonction de leurs énergies
  • Ne pas lâcher la voie de l'opposition à l'intérieur du conseil municipal
  • Réfléchir d'autres formats, élargir les propositions pour se distinguer des réunions publiques par exemple. Des choses plus informelles
  • Cible : les électeurs qui sont indécis, souvent très peu politisés, qui n'ont pas de culture démocratique
  • Se déporter : laisse tomber l'aspect participatif et aller sur les dossiers de fond. Démontrer les capactés de l'opposition d'apporter de l'exeprtise sur des dossiers de fond. Nouveau marqueur : une liste de transition
  • Donner à voir ce qui se fait ailleurs
  • Affirmer des valeurs

Les deux surprises pour la commune de Crest

  • Travailler sur le fond
  • Se distinguer sur la forme

Débat

La place de l’élu.e dans les actions de désobéissance civile et les manifestations sociales

Contrat d'engagement républicain : https://www.associations.gouv.fr/le-contrat-d-engagement-republicain-le-guide-pratique.html

L'une des manières de faire face aux pratiques des préfectures : avoir une même expertise du sujet. Ne pas hésiter à se faire accompagner par des experts. Aller chercher les compétences et les expertises là où elles sont (avocats, réseaux d'associations...).

Dans le champs politique dans lequel on agit il y'a plusieurs types d'engagement : activiste ou institutionnel. Les rôles ne se confondent pas. On ne joue pas au même poste. C'est une ligne de crête. Ca nous est parfois reproché de ne pas avoir la même ligne d'action que les activistes. Or, c'est notre rôle d'organiser le dialogue dans l'institution. Il faut tenir notre casquette de représentant de la légalité. C'est une force pour notre mouvement. C'est quoi l'exemple que l'on donne ? En tant qu'élu on ne peut pas être dans la même posture que d'autres membres de l'équipe. On est dans la même équipe mais on ne joue pas au même poste. On est convaincus que la loi peut changer.

Comment voyez-vous votre rôle dans un exemple réel de désobéissance civile ? Avez-vous en tête une limite ? Avez-vous raisonné quelque chose déjà ?

Non.

Le maire seul ne peut pas aller dans une démarche de désobéissance civile sans percevoir qu'il va être suivi par son équipe municipale voire sa population. C'est notre protection notre population, si elle me poussait à le faire, je le ferai. Dans le cas contraire, non. On agit au nom d'un collectif.

Le glissement autoritaire actuel est extrêmement dangeureux. On doit garder un cadre et en même temps on doit être une force de vigie par rapport au respect des valeurs humanistes. A quel moment, doit-on dire que ça va trop loin ? Ce que l'on me demande de faire au nom de la loi, ça va trop loin ? Poussée par un réseau de maires ou par la population, oui je serai capable d'ograniser une désobéissance collective.

Plus il y'aura d'élus qui vont se fédérer, plus on pourra agir. On est le seul réseau avec un niveau de diversité de communes aussi fort (toutes petites communes aux grosses agglomérations) et sans revendication politique partisane.

Ex : Laurent Wauquiez qui refuse d'appliquer le ZAN (Zéro Artificialisation Nette). L'Etat doit recadrer Laurent Wauquiez en lui faisant appliquer la loi. La loi peut aussi jouer en notre faveur et il est important qu'elles soit respectée.

Dans les situations de non application du droit par l'Etat et de l'illégalité de son action, il y'a des associations commes les Soulèvements de la terre sont là pour faire le contre-pouvoir nécessaire. Y'a-t-il une égalité d'application du droit ? La question de la légalité et de l'illégalité est vraiment à interroger.

Comment on fait pour agir en tant que commune qui prône une autre façon de faire ? Comment vous vouvs positionnez par rapport à des lois qui ne vont pas assez loin en termes écologiques et sociales ?

Je me sens absolument sans aucun pouvoir pour pouvoir agir au niveau supra. C'est insoutenable de voir notre impuissance. Je ferai en sorte d'avoir une commune résiliante afin de protéger la population. On arrive avec desutopies de dingue et on se confronte à des problèmes administratifs et légaux. Le système ne fonctionne pas et on fait comme on peut. Ca m'encourage de plus en plus à ne pas compter sur l'Etat. Bientôt on n'aura plus rien, et il faudra bien qu'on se débrouille. Résiliance qui rime avec résistance. Sans désorbéir de manière publique on peut résister en faisant des petites choses.

A mesure que l'on avance dans les bouleversements climatiques, on va avoir besoin d'un cadre social plus fort. On peut quand même continuer à évoluer dans les marges. On peut être des territoires d'expérimentation. Les territoires peuvent innover, tenter des choses en essayant que cela fasse système.

La justice peut aussi être un outil de transformation quand porte au contentieux nos situations. On tente d'agit de manière collective à plusieurs communes. La libre administration de la commune : l'Etat n'a pas de droit d'intervention sur les choix d'opportunité de la commune. Le prinicipe de libre exercice communal est constitutionnel en France. On a quand même plein de choses en main en France pour avancer et évoluer.

On est en train de faire rentrer l'éducation populaire dans notre gouvernance.


Réseau Actions communes - Référents territoriaux

Cadrer la mission de référent territorial.

Définir deux vitesses :

  • groupe META
  • groupe sur chacun des territoires avec un travail de terrain

Travail avec la Com' pour cartographier les référents et besoin financier pour louer des salles

Rendez-vous vendredi 01.12 à 19h en visio pour commencer à constituer ce réseau de référents territoriaux


Arpentage

“La révolution à venir : Les Assemblées populaires et la promesse de la démocratie directe”

Murray Bookchin

Préface

Bookchin condamne le mouvement des indignés comme un mouvement immature. Mais il essaie de ne pas écraser cette foi et joie de la jeunesse et essaie de la transcender. Regard critique sur l'anarchie centré sur soi. Sa théorie c'est l'écologie sociale. Toutes ses théories sur l'anarchisme social a été repris dans les mouvements anti-nucléaires notamment.

Assemblées populaires reliées entre elles au sein d'une confédération.

Le projet communaliste

3 solutions :

  • siècle révolutionnaire
  • siècle réactionnaire
  • siècle le plus mororose

Seule solution : envisager une écologie sociale. Ce choix est indéniable car nous n'avons plus une société de classes.

Perspective globale et révolutionnaire pour s'opposer à un système capitaliste. L'écologie sociale offre des perspectives de progrès social.

En quoi le communalisme est la solution la plus appropriée pour embrasser l'ensemble des objectifs sociaux. Il explique en quoi le communalisme se distingue de l'anarchisme et du communisme. On se réunit pour avoir des débats et une vision commune de l'intérêt général. Volonté d'une organisation collective qui déconstruit la notion de classe pour une notion de citoyenneté. C'est cette égalité qui constitue la notion d'intérêt général. Ce qui permet de prendre des décisions dans tous les champs. Il s'appuie sur différents évènements historiques pour tenter d'expliquer les mouvements forts de soulèvement qui n'ont pas réussi.

La crise écologique

1992 : perspective d'une catastrophe écologique totale. Transformation sociale : participer de la compéttition à la coopération, partage et intérêt mutuel. Ne pas se contenter de luttes ponctuelles mais repenser la structuration de la société. Penser un état minimal. Terrible faille de l'engagement social. Créer un état c'est contre le peuple. Il faut aller vers le confédéralisme.

Propositions politiques pour le XXIème siècle

Rapport entre les communes et l'Etat. Municipalisme : sort de l'aspect archaïque des tribus fondées sur des liens du sang et la peur de l'autre. La visilisation c'est le fait de rentrer dans quelque chose de rationnel. Il y'a des formes de municipalisme qui ont pu exister sans l'Etat. L'Etat s'est imposé de manière brutale aux municipalités dans plusieurs moments de l'histoire.

Il y'a deux mondes:

  • le monde du quotidien
  • l'Etat

Entre les deux il y'a le monde du politique : pouvoir collectivement tous débattre sur la vie en société. Liens d'échelles : à quelle échelle on pu se constituer les différentes révolutions ? Les révolutions cela n'a toujours été qu'une minorité. C'est parce qu'une partie du pouvoir a laissé faire ces révolutions qu'elles ont pu exister.

Il essaie de proposer un fonctionnement, assez concret. La manipulation c'est le lot de n'importe quel groupe. La parade : construire un groupe révolutionnaire organisé. Il analyse ce qu'est la société actuelle, pourquoi le syndicalisme est en perte de vistesse par exemple. S'attendre à avoir des défaites sur ce genre de propositions mais il faudra être patient. C'est une action de long terme.

Les populations ne sont pas seulement des moteurs de l'histoire mais aussi des opulations qui vivent tous les jours de problèmes d'habitat, de travail, de communication... Il faut s'appuyer là-dessus pour créer des groupes révolutionnaires en s'attendant à avoir des conflits à gérer au sein de ces groupes.

Les fonctionnements en coopératives ou groupements de producteurs peuvent être illusoires. On ne pourra pas lutter contre le capitalisme que si on accepte de ne pas se développer économiquement. Si on recherche un développement économique ça fait échouer le mouvement. La solution est au niveau de la municipalité. Il y'a de l'espoir.

Le confédéralisme

Démocratie participative : société complexe avec densité urbaine et économie globale. Il faut des institutions démocratiques. Donc forcément il faut élire des représentants qui sont soient disant à l'écoute. On a substitué l'électeur au citoyen.

Des communautés auto-suffisantes pourraient être organisées de manière plus organique au niveau confédéral. Le temps de travail devrait être assez court pour permettre d'étoffer la personnalité plus libérée. On cultive mieux d'être dans l'action simple (jardinage). Il condamne le spiritualisme zélé (mantras...).

Il propose des réseaux de municipalités. Il détermine sa définition du fédéralisme : conseils d'administration qui seraient mandatés, révocables, mandatés. les citoyens sont vraiment là pour le pouvoir de la décision politique.

Il critique l'anarchisme individualiste, son auto-suffisance qui empêche toute vie politique au sein des villages. Ne pas non plus fantasmer la société aténienne esclavagiste. Il parle des mégalopoles : rediviser en sous quartiers. La municipalité c'est l'échelon juste derrière la famille qui peut toucher les gens. A l'échelle de la municipalité on palpe la vie politique.

Le confédéralisme ça peut aussi être au niveau des Etats, pour lui cela doit se passer au niveau des municipalités. Décentralisation matérielle contre décentralisation institutionnelle. La seconde est réalisable rapidement.

Le municipalisme libertaire

Les décisions se prennent au niveau des assemblées. les habitants décident, ils ont des représnetants qui siègent. Tout est basé sur des piliers: respect des droits humains, fondements écologiques. Peur du chauvinisme local qui reste une minorité. Education populaire : rationnalité de la majorité. Niveau confédéral : niveau de l'administration.

Les élus ne sont là que pour administrer et mettre en oeuvre la politique décidée par les assemblées.

Garantir le droit des minorités.

Les villes pour le déploiement...

Différentes formes d'assemblées, par circonscription... Le démocratisation des municipalités. Réaliser une commune des communes. Affirmation du citoyen comme sujet politique actif. Municipalisme libertaire : communisme libertaire avec forte opposition au paternalisme, au modèle athénien. Trouver un juste milieu. Transfromation de la société par la pratique, le réel. Mouvement prêt à rentrer en confrontation directe avec des commissions extra-légales.

Le nationalisme et la question nationale

Aperçu historique des différents courants depuis la préhistoire et des modes de regroupement.

Ambiguité de la gauche face au nationalisme. il faut être capable de dénoncer l'état-nation quand il y'a racisme...

Anarchisme : condamnation de tous les nationalismes. Marxisme favorable au nationalisme tant que les peuples s'autonomisent. Bookchin, propose un entre-deux. Très critique de la nouvelle gauche d'être capable de nuance vis-à-vis de tous les peuples qui s'autonomisent. Il faut savoir faire la différence entre nationalismes et nouvelles formes de domination.

Sa vision de la gauche

Pourquoi ils se sont complètement plantés dans leur mouvement révolutionnaire ? Il propose une description et une dénonciation des échecs de la construction de la gauche et une mise en valeur de ce qui a permis au capitalisme de se développer.

L'anarchisme n'est pas l'alternative.

Anarchisme de Proudhon, paysan, familial, auto-suffisant et patriarcal, libéré de toute notion de civilisation.

Combat des anarchistes, combat du quotidien et les organisations, via le syndicalisme. Ils se sont un peu perdus dans ces organisations en se fondant davantage sur les egos individuels.

La technologie a détruit les masses prolétaires. La classe moyenne est la plus répandue. Il y'a une classe individuelle de sous prolétaires. Mais la notion de classe a disparu. Donc le marxisme a perdu sa raison d'être.

Quelle est la masse sur laquelle on peut s'appuyer ?

Il faut se structurer pour que ça marche. Organisation durable, structurée, méthodique, institutionnelle mais indépendante. Il y'a des moments il faudra centraliser. Si on a bien pensé les choses à la base une minorité ne devrait pas pouvoir s'approprier le pouvoir. Ne pas s'appuyer sur ce qui est mais sur ce qui devrait être.

Ne pas oublier la connaissance, le savoir, l'éducation populaire.

Débat

  • Un peu facile de tirer à très grands traits 2500 ans d'histoire et en tirer des conclusions et solutions.
  • Il s'oppose à la conception du pouvoir par les anarchistes sans définir ce que c'est, pour lui, le pouvoir
  • Pour Bookchin la minorité est tyranique par rapport à la majorité
  • Comment faire monter en compétences les gens qui s'expriment ?
  • Il n'explique pas pourquoi pour lui c'est l'échelle municipale la plus pertinente. pourquoi l'échelle apropriée elle ne serait pas mondiale du coup, qui ferait tomber toutes les frontières ? Il parle de l'importance de travailler à taille humaine même s'il n'explique pas ce que c'est qu'une talle humaine. Pour lui c'est possible de subdiviser géographiquement pour arriver à des tailles humaines. En pratique, beaucoup de gens ne veulent pas s'impliquer dans des assemblées. On peut en créer beaucoup moins que 15 000 (commune de Paris) mais rester à une petite échelle pour pratiquer l'éducation populaire.
  • Il dit qu'il faut faire de la démocratie à petite échelle, l'échelle du quartier. La légitimité de l'assemblée est dans son caractère ouvert et non pas au regard du nombre de participants. C'est quoi une assemblée ouverte à tous ? Déjà est-ce que c'est une assemblée dans une salle ? Comment on intègre des gens qui ont plein de barrières ?
  • Les experts ne doivent pas être dans l'assemblée délibérative, ils sont consultés tout au long de la délibération

Projet ERASMUS+ !

Merci à l'union Européenne et notamment à l'Agence Française ERASMUS+ d'avoir permis à deux membres du PETR Ariège de profiter de ce temps de réseau entre communes et collectifs participatifs.

Cette action s'inscrit dans le cadre du projet ERASMUS+ AC1 - Secteur "Education des adultes" destiné à organiser des mobilités apprenantes entre juin 2023 et novembre 2024 pour les élus, les habitants et les techniciens du PETR Ariège afin de faciliter uen montée en compétences collective sur les nouvelles gouvernances locales autour des projets de la transition.