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FORUM CO-CONSTRUIRE: 3 JOURS D'IMMERSION A LA COOPERATION

Tournai - Wallonie picarde - Belgique (4ème édition) | 5-7 juillet 2023


Conférence décalée: BASCULER DE LA PERFORMANCE À LA ROBUSTESSE

Une COférence introductive décalée et pleine de surprises autour de l’intervention d’Olivier Hamant, biologiste, directeur de l'Institut Michel Serres, directeur de recherche à l'INRAE et auteur du livre « Troisième voix du vivant ».

Ce sont nos habitudes qui produisent les crises. Aujourd’hui on optimise tout (agriculture, faune, mobilités, paysages…) Ex : Lionel Messi en épi de maïs. Cette optimisation interroge notamment les artistes.

Le dehors est devenu un dedans. Dans l’anthropocène la nature n’existe plus.

Est-ce que c’est une bonne idée de tout optimiser ?

4 raisons pour déminer l’optimisation

  1. Quand on optimise à une vision réductionniste du monde et on les réduit jusqu’à les résoudre. On résout le petit problème mais on génère d’autres problèmes. On tire sur le fil et on fait des nœuds ailleurs.
  2. Histoire de l’efficience (faire avec le moins de moyens possibles). Effets rebonds : efficience énergétique ne fonctionne pas. La consommation d’énergie due aux frigos a augmenté. L’effet rebond condamne l’efficience
  3. Quand une mesure devient une cible elle cesse d’être fiable. Si vous voulez être performant vous êtes prêts à tout, quitte à aller contre votre objet (ex : sport de haut niveau : triche, paris…) le problème c’est la compétition, la performance
  4. Le « progrès » génère souvent des problèmes écologiques

Le basculement c'est un changement de civilisation

La surprise ce n'est pas que l'on va changer de civilisation mais c’est que la prédiction se produise si tôt, dans la 1ère moitié du XXIème siècle. C’est du court terme. On est au sommet de la courbe et sur le point de bascule.

Or, aujourd'hui les propositions des humaines c'est encore plus d’optimisation : éoliennes géantes, véhicules électriques (ex : consommation du cuivre), ampoules basse consommation au mercure…)

Le GIEC créé en 1988 par Thatcher et Reagan a réduit dès son origine la question environnementale à une molécule: le CO2. La carte de l'évolution de l'amission des GES démontre que la création du GIEC n'a en rien amélioré la situation. De même, l'impact des 17 objectifs Agenda 21 questionne. Ils sont tous en compétition. Les ODD cristallisent la pensée en silo. L'ODD8 : objectif de croissance dans un monde en déroissance, incohérence.

« Si un problème ne peut être résolu agrandissez-le ! » Eisenhower

Dans le monde de la performance on fait une politique « zéro fluctuation » avec l'illusion d’un monde stable. Il faut atterrir et prendre la réalité du monde : à savoir que la planète est le lieu des fluctuations. Le monde qui vient sera fluctuant, turbulant sur le plan écologique, économique, social, géopolitique. La bascule ne se fera pas sans turbulences. Dans ce monde-là il va falloir vivre avec les fluctuations, on ne fait pas de la performance mais on fait de la robustesse. La robustesse c'est maintenir un système stable malgré les turbulences.

Une civilisation du lâcher-prise: à quoi ça ressemble ?

Pendant 10 000 ans, depuis le Néolithique, les humains ont voulu contrôler la nature. Aujourd’hui nous avons perdu le contrôle : nous allons vers une civilisation du lâcher prise.

Ce monde qui vit sur les fluctuations ce sont les êtres vivants. Ils n’évitent pas les fluctuations, ils vivent dessus.

Dans le monde actuel, quand on a un problème, on tape dans nos ressources et on trouve des solutions (kérosène-avion, métaux-5G-film téléchargé). Deux types d’organismes font ça sur terre : les humains et les parasites.

Que font les autres ?

Les problèmes macèrent un peu plus longtemps, à force de laisser macérer on créée des partenaires qui sont connectés à d’autres partenaires et à des solutions. C’est la chaine des partenaires. Quand on ne trouve pas de symbioses entre les êtres vivants c’est que l’on n’a pas assez cherché. Beaucoup de circularités, beaucoup de coopérations. Très peu d’extractions. C’est le monde de la richesse, de la densité, de la diversité des interactions.

Troisième principe (en plus de circularités et coopérations) : la robustesse.

On présente le vivant comme une machine performante. Est-ce que le système est vraiment performant globalement ? Le vivant n’est pas performant, n’est pas efficace, n’est pas efficient.

Ex : cœur humain. Mauvaise plomberie. C’est juste un héritage de l’évolution, c’est satisfaisant et ça permet de passer des millions d’années. Darwinn : pour être sélectionné au cours de l’évolution il faut avoir des caractères satisfaisants pour passer l’évolution à un moment donné.

C’est quoi les grands principes du vivant qui permettent la robustesse ?

C’est un ensemble de principes.

  1. Les êtres vivants sont inefficaces, ils n’ont pas d’objectifs.
  2. Beaucoup d’incertitude : il y’a énormément de processus aléatoires, de lenteur, de délais
  3. Beaucoup de redondances : facteur 1 million, énormes redondances à toutes les échelles
  4. Très incohérent : des facteurs activent et inhibent les mêmes choses (ex : automobiliste qui a un pied sur l’accélérateur et le frein en même temps)
  5. Très inachevé

Ce sont des contre-performances qui nourrissent du jeu dans les rouages : qui permettent la robustesse. Contre les fluctuations extérieures, ce sont les fluctuations intérieures qui fondent la robustesse du système. Le vivant s’autorise la performance, en se fragilisant, mais c’est dérogatoire.

La robustesse, l’adaptabilité du vivant se nourrit de contre-performances.

Depuis le néolithique, on a augmenté notre performance, aujourd’hui la viabilité de notre système est en danger face à cette performance : développement durable toujours une performance. La décroissance ? Mais est-ce que ça va mobiliser ? Est-ce qu’on va mobiliser le monde entier en disant « maintenant on devient pauvre » ? C’est quoi le progrès au XXIème siècle ?

Il faut simplement changer d’axe : ce ne sont plus des incréments de performance mais ce sont des incréments de robustesse. Dans un monde fluctuant il ne faut pas faire de performance, ce n’est pas la réponse opérationnelle. La solution opérationnelle c’est la robustesse : maintenir un système stable malgré les fluctuations. C'est la façon opérationnelle de faire de la durabilité.

Est-ce que l'on a déjà basculé ?

Oui, et ça va pas s’arrêter et s’amplifier !

Ex : Agro-écologie : faire un mélange variétal. Au lieu de semer la meilleure variété, je sème plusieurs variétés. La rentabilité est moins bonne. Vous baissez en performance mais votre champ est plus robuste : plus résistant à la sécheresse, aux pathogènes. Le champ devient plus autonome. C’est démontré depuis plus de 20 ans. Ca a basculé chez les paysans. Ca résout le problème, et ça coûte moins cher. C’est une bascule vers la robustesse. C’est une inversion. Comment la production peut nourrir les écosystèmes ? C’est le monde de la richesse des interactions. C’est extrêmement positif, beaucoup plus stimulant : richesse des interactions.

Ecole d’ingénieurs : filières bois, pailles, terre crue…. On forme les ingénieurs pour construire avec de matériaux moins performants mais plus robustes.

Dans le monde la robustesse on se demande ce qui nous possède ? On ne cherche plus à posséder : économie d’usage. Le village du futur : il y’aura des ateliers citoyens et un parc de voitures partagé.

C’est pas un retour en arrière. Ce n’est qu’une question de choix. La performance est une idéologie. La robustesse n’est pas technophobe. La performance induit l’effondrement de la techno diversité. La robustesse on garde tout, on diversifie.

La coopération : prend beaucoup de temps, c’est l’école de la robustesse. Les sciences citoyennes.

Comment on fait de la robustesse ?

  • Passer du temps sur les questions. Il faut trouver des moyens pour aller moins vite pour passer plus de temps sur sa question. A force de reformuler, vous allez arriver à une meilleure question. Les artistes sont les experts du questionnement : invite-les pour tester la robustesse de votre question.
  • Passer la question aux filtres :
    • Filtre #1 : de la santé commune, humaine physique et mentale, santé sociale, santé des milieux naturels (eau, sol, biomasse)
    • Filtre #2 : test de robustesse. S’il y’a une catastrophe naturelle près de chez moi est-ce que mon projet tient toujours ?
    • Filtre #3 : modèle économique devient le produit de sortie

Le social ne doit pas être dans l’économie. C’est l’économie qui doit être dans le social.

La bascule vers la robustesse nous relie à qui nous sommes et notamment à nos façons d’interagir. Quand on écrit, on écrit tous de façon imparfaite. Une communication effective est son imprécision qui la rend universelle pour que tout le monde puisse communiquer les uns avec les autres. La compréhension est un cas particulier de malentendu. Ne pas parler de façon parfaite comme un robot ça crée de la confiance.

Questions > Réponses
• Est-ce que des récits de fluctuations sont documentés ?

120 000 ans il y’a fait plus chaud sur Terre grâce à une roche. Les plus grandes tempêtes dépassent des objets 10 fois plus gros qu’aujourd’hui. Le monde fluctuant qui vient est impensable pour l’humain. 5M années : +CO2 qu’aujourd’hui, aucun être humain n’est pas capable de vivre avec un certain niveau de CO2. Beaucoup d’ouvrages existants mais très mathématiques qui n’ont pas percolé dans la société. Le vivant nous donne un récit que l’on peut s’approprier. Cf. traces Co-construire pour références sur les ouvrages.

Quand on parle de bascule. Il faut se transformer :

  1. Il faut de l’éducation : il faut des rapports scientifiques
  2. Il fait un récit, il faut que l’on soit touché émotionnellement, le vivant nous touche plus que les mathématiques
  3. Il faut s’arrêter. Il faut créer un espace d’arrêt.
• Comment faire de la robustesse dans la gouvernance politique ?

Les incohérences sont nécessaires à la robustesse politique. Le secret des sources est nécessaire au travail des journalistes (incohérence). Un gouvernement a besoin de contre-pouvoirs (incohérence). Se baser sur les incohérences, les contradictions internes = robustesse.

Avoir des unités autonomes localement mais ce n’est pas un repli sur soi. Cf. 8 principes de robustesse de la gouvernance des communs : il faut absolument qu’il y’ait une reconnaissance extérieure. Le rôle de l’Etat est de stimuler les initiatives locales et les mettre en résonnance.

Une évolution progressive.

Basculement : ça commence très bas, les signaux sont très faibles mais basculent d’un seul coup. On est au seuil du basculement.

• Va-t-on vers une société individuelle ?

On va vers le monde de la diversité. Nos aliments seront plus divers. Il y’a un effondrement de la diversité naturelle mais également des espèces domestiquées. On va inverser cela. On bascule de l’intégration à l’inclusion. L’intégration c’est dire on accueille mais on ne change pas. L’inclusion on accueille mais nous aussi on se transforme. Le mode robuste c’est le monde de l’inclusion.

• Pourquoi utiliser plutôt robustesse que résilience ?

Résilience = Science des matériaux :

  • Résistance
  • Psychologique
  • Socio-psychologique

La résilience socio-psychologique proche de la robustesse. La robustesse c’est se placer dans les conditions où l’on ne tombe pas. On se concentre sur les bornes, les marges.

• Dans quelle mesure le réchauffement climatique ne remette pas en cause votre transformation par la robustesse ?

La clé de la robustesse c’est se construire sur les fluctuations contre la performance (le repli sur soi, c’est la radicalité, c’est la performance). C’est un outil qui va contre la fragilité, pour la durabilité.

• Comment on valorise la robustesse dans un plan financier ?

L’idée c’est de réenchanter le risque, c’est de construire sur le risque. On se construit sur ses points faibles pour pouvoir faire face à des situations imprévisibles.

• Le passage à la robustesse est-elle incompatible avec notre modèle politique et la démocratie représentative ?

Non, ce n’est pas contraire à la démocratie qui est un système de gouvernance robuste. On n’est jamais dans la démocratie. On est dans un système représentatif qui tend vers la démocratie. Ce groupe de personnes qui n’est pas compétent au début du processus devient plus compétent que les experts : c’est la robustesse démocratique (ex : jurés des assises. Ca permet de légitimer des décisions juridiques). La démocratie : des élus qui sont capables d’embarquer des collectifs, ça c’est de la robustesse. L’intelligence collective peut être positive comme négative (ex : parti politique).

• Qu’est-ce qui nous démontre que les humains peuvent être dans la robustesse ?

Cf. Sapiens : il y’a très peu de traces de combats. Ils faisaient beaucoup de coopération. On sait que l’humain peut être robuste (chasse : coopération sociale).

• Dans les différents types de relations du vivant il y’a de la compétition, est-elle différente de celle des humains ?

Chez les êtres vivants, c’est la quantité de ressources dans le milieu. Quand il y’a des ressources en quantité, il y’a compétition. Quand il y’a pénurie de ressources, il y’a coopération. On a créé des pénuries un peu partout : on a inventé une fiction économique qui se base sur la compétition et compétitivité. Quand il y’a ça dans le vivant, ce n’est pas viable. Mais les humains on peut le faire !


ATELIERS COLLABORATIFS

Bascule vers la vie (re)connectée au territoire

Animateur: Manuel Ibanez

A lire

A écouter


La mise en récits

Animateur: Alexis Montaigne (CERDD)
150 ans d'histoire ont ancré dans nos imaginaires que le progrès s'illustrait par des machines, du confort matériel individuel et des dynamiques de concurrence mondialisées. Nous avons besoin de nouveaux narratifs pour imposer une transformation profonde. De plus en plus médiatisée, la mise en récits (des projets de transition) a besoin de monter en puissance et d'être comprise pour se déployer sur les territoires et dans les organisations. Le Cerdd a produit un kit d'animation pour accompagner les acteurs à révéler les potentiels coopératifs, les ressources et les valeurs qui sont présentes localement et qui permettront de dessiner collectivement une trajectoire ambitieuse de résilience !

Les transitions ont besoin d'être managées pour embarquer. Il convient de penser les projets non seulement de manière coopérative mais également systémique. Trois outils développés par le CERDD servent cette ambition: la cartoparty, la visée 360° et la mise en récit. Ils permettent de sortir de la simplicité pour aller vers une approche systémique plus complexe.

La mise en récit permet de sortir des récits dominants et de vivre de nouveaux récits, de nouveaux imaginaires. C'est aussi ce qui nous permet de faire groupe. L'humain a besoin de vivre et de raconter des histoires. Les récits nous amènent à nous mettre en mouvement. C'est la dimension émotionnelle qui nous permettra de nous mettre en mouvement.Le récit permet de travailler notre attention à l'autre. le management coopératif c'est reconnaître l'autre et ses contraintes dans le dispositif. Mais les émotions ne suffisent pas. Il est nécessaire de transformer nos émotions en stratégies d'action.

La mise en récit n'est pas du storytelling. Elle est une démarche sincère, un processus qui explique quelque chose. C'est la "démocratie narrative" qui s'inscrit dans un dialogue réflexif. La réflexivité c'est revenir sur le processus. La communication sincère permet de réfléchir ensemble sur le territoire.

Il ne s'agit pas d'une action en soi, un "one shot", mais bien une trajectoire. Pour définir une trajectoire commune les battles de récits peuvent être un outil intéressant ou encore la prosppective participative en BD.

Il faut IMPLIQUER via un contrat de co-repsonsabilité notamment (concept fifty-fifty entre collectivité qui apporte 50% de financement et l'association qui apporte les 50% restant sous la forme financière ou équivalent).

Attention néanmoins au risque, à force de s'inscrire dans un même récit, de devoir faire face à un risque identititaire fort.

Aujourd'hui, on souffre d'un déficit d'imaginaire positif. La mise en récit c'est fabriquer du positif sur la transition pour ceux qui ne sont pas convaincus. Il s'agit d'une approche sensible, artistique et culturelle de manière immersive, participative, itinérante et capacitante d'accompagnement au changement.

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La stigmergie pour gérer nos projets

Animateur: Lilian Ricaud
Si le modèle concurrentiel crée des redondances et gâche des ressources, le modèle coopératif gâche beaucoup de temps et de ressources à discuter (et à discuter les discussions). Entre ces deux modèles, la stigmergie, un nouveau mode d'organisation inspiré des insectes sociaux, pourrait offrir un modèle alternatif plus adapté à la coopération dans des grands groupes. Auto-organisation, communs, archipels de coopération, ... nous irons explorer quelques uns des ingrédients clés pour basculer vers de nouveaux modes de coopération plus ouverts.

Trucs et astuces pour passer de l'idée au projet collectif

Animateur: Centre d'information et d'éducation populaire de Belgique
Le projet Eureka a été mené par des partenaires flamands, wallons et français. Nous avons cristallisé les bonnes pratiques issues du terrain permettant de passer d'une idée individuelle à un projet collectif. Présentation et trucs et astuces pour résussir son projet collectif!

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Comment hacker la démocratie pour lui redonner du souffle ?

Animateur: François Xavier Lefebvre
Venez découvrir le processus et les moyens imaginés par Agora.brussels pour initier et améliorer ses 4 Assemblées Citoyennes Bruxelloises (ACB), les rendre plus équitables et inclusives et y favoriser la diversité. Et comment les recommandations de ces ACB sont portées au sein du Parlement de la Région Bruxelles-Capitale.

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Voyage en 2030 Glorieuses pour des futurs libérateurs

Animateur: Floriane Hamon
Plus que jamais lors des périodes troubles que nous sommes en train de vivre, plutôt que de prévoir le pire, construisons le meilleur. Traçons ensemble de nouveaux caps enthousiasmants en laissant libre cours à notre imagination afin de passer à l’action dans notre présent sans tarder ! Dans cet atelier sous forme de jeu de rôle, vous pourrez expérimenter le futur au présent.

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Bascule d'un paradigme à l'autre : le modèle des deux boucles

Animateur: Marie-Hélène Elleboudt
Comment le changement opère-t-il avec les enjeux sociétaux et la complexité du monde que nous traversons? Le modèle des deux boucles (Two Loops model) est une théorie du changement qui cartographie le mouvement d’un système vivant à l’autre et les rôles essentiels que nous pouvons jouer dans cette bascule.

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RESSOURCES CO-CONSTRUIRE

CO-férence "Pourquoi la stratégie du colibri n'est plus suffisante ?"

Conférence gesticulée et bousculante de Laurent Marseault, pompier de Méditérranée et membre du réseau colibris France.

Un regard décalé et en analogie avec l'organisation des pompiers sur nos dérives méthodologiques, nos entre-soi, nos contradictions. Pour faire face au futur, il faudra dépasser le chacun fait sa part et aller rapidement vers le "tous ensemble".

Aujourd'hui, on a une pensée en silo. Or, il y'a des fonctionnements pathogéniques dans ces silos là.

Hypothèse: le problème de l'un est peut-être résoluble dans le silo d'à côté (capacité des libristes à travailler avec des outils numériques collectifs contre capacité de mobilisation humaine des durabilistes).

Analogie avec les pompiers:

  1. Se mettre d'accord à quel endroit ça brûle.
  2. Se mettre d'accord sur la fréquence tactique même s'il n'y a pas que des pompiers, des gens que l'on ne connaît pas (intervention transfrontalière de lutte contre le feu).
  3. Acquérir le matériel utile et adapté

Cette notion de cartographier nos incendies n'existe pas aujourd'hui. Il n'y a pas de connecteurs. Les personnes sont tous dans des silos et ne travaillent pas assez ces connecteurs. C'est l'enjeu le plus important.

Trois grandes familles de connecteurs:

  1. Connecteurs politiques: quel mon de on veut faire ensemble ? Peut-être que l'on a des finalités similaires mais peut-être que l'on a des complémentarités à rechercher. travailler nos identités relations et nos identités racines.
  2. Connecteurs juridiques: les contenus que je fabrique doivent pouvoir servir à d'autres. Il faut pouvoir les connecter juridiquement (droits culturels).
  3. Connecteurs numériques: plus vous êtes pointu sur un sujet plus votre alter ego va être à l'autre bout du monde.

Comment on va travailler sur nos plus petits connecteurs pour connecter nos intelligences et éteindre les incendies ?

On documente toujours pour sortir des procédures. On apprend à fabriquer des solutions qui sont toujours exceptionnelles par rapport aux situations uniques. On fait remonter son niveau d'expérience en fonction de son niveau d'exceptionnalité. On est tout le temps, tout le temps, face à l'imprévu. Toutes les personnes en première ligne doivent être confrontées à du nouveau et vont devoir trouver des solutions. Combien d'acteurs ne partagent pas ce qu'ils ont trouvé en échec comme en réussite ?

Comment est-ce que l'on s'organise pour que tout le monde partage ses ressources, ses expériences ? Comment est-ce qu'on les connecte ?

Il faut des éléments capables de nous reconnaître sinon cela va être compliqué de nous connecter.

On a trois stratégies de défense:

  1. Tous en binômes reliés par une radio. Si bouton rouge: intervention s'arrête. Quand on est en action, on est dans une organisation déléguée. J'accepte que quelqu'un propose une organisation et que l'on se soumette à ça. J'accepte la décision déléguée en action. Par contre en amont, l'objection est possible dans la phase de stratégie préalable.
  2. La balise "homme mort". Les endroits les plus dangereux. Je peux m'engager dans un endroit dangeureux car je sais que si je tombe en risque vital je sais qu'on va me sauver. Pour les acteurs de la transition, ce système devrait être organisé (lutte contre le burn out, contre l'effondrement de structures ESS, contre les projets arrêtés...). Comment faire pour activer ces signaux de détresse ? Je peux prendre des risques si je peux m'appuyer sur le force du réseau.
  3. Des fois on meurt.... On meurt en tant que personne, que projet, que structure. Ce n'est pas au moment de mourir qu'il faut se poser la question de ce que l'on aurait voulu faire. On va tous mourir. Il faut travailler sur notre propre compostabilité. Cela doit se travailler au début de notre projet.

Il y'a beaucoup de moments où on n'est pas intervention, donc on attend. Assez régulièrement on fait de la prévision, tous les 5 ans on analyse tous les risques potentiels qui pourraient subvenir à la lumière de nos évolutions sur notre territoire. Qu'est-ce qu'il faut comme matériel, comme forces... ? Cela se passe en petits temps pour co-travailler tous les scenariis. Acteurs des transitons devraient se poser les mêmes questions: qu'est-ce qu'on fait s'il se passe ça ? Ou ça ? Et ça ? Peut-être que la justice sociale et environnementale ça se travaille ensemble: qu'est-ce qu'on fait pour travailler sur ces inégalités ? Comment on s'y prépare, comment on s'organise ? Comment par rapport à ces scenariis on connaît déjà notre stratégie opérationnelle ?

Faire de la prévention: on devient quasi invisible. Comment on retravaille sur les causes premières ? (ex: intervention en banlieue)

Notion d'économie cynique et suicidaire actuelle en cours (en opposition à l'économie sociale et solidaire).

S'interroger sur la santé de nos ecosystèmes. Si on ne travaille pas sur la santé de nos humanités on est mort.

Si on veut faire des mondes viables et désirables il va falloir un petit peu se maintenir dans la durée. On a besoin d'aller bien pour être efficaces le jour où l'on sera en intervention.

Questions > réponses

• Tu as parlé d'incendie: c'est quoi notre eau ?

La connaissance, de l'expérience, des réussites, des échecs, de la vraie documentation, arrêter d'utiliser les sites internet pour faire de la publicité.

Libérer la connaissance.

Le modèle économique est une connaissance de cela.

• Quelle éducation ?
  1. Parents
  2. Ecole
  3. Education populaire (éducation politique des jeunes adultes): devenu de la consommation courante (stages)

Comment on se répartit les chantiers ?

Il y'a un vrai travail de connection de ces différents acteurs. Comment on apprend aux enfants à inventer des solutions ?

• Le BIP et le CODIS ?

Si la barre de l'implication est trop élevée, les gens ne peuvent pas s'impliquer. Il faut rendre les lieux d'implication visibles dans leur complexité.

Quels sont les endroits où des fois on rassemble un petit peu les têtes de réseaux ?

• Quel est le connecteur après co-construire ?
  1. Libérons le commun: creative communs
  2. Humains: papillons polynisateurs qui partagent les informations dans tous les réseaux auxquels ils participent
  3. Appels à coopération sur les territoires
• Comment développer cette reconnaissance ?
  • Gratitude
  • Rendre visible aux autres
• Accéder à la conférence en ligne

Conférence en creative communs sur le site cocotier.xyz dans la rubrique conférence et des ressources.

• Est-ce qu'il n'y a pas de choses qu'il faut laisser brûler ?

Logique de contre feux et de pare feux: comment on crée un feu quelque part pour détourner et agir sur d'autres feux plus urgents.

• Qu'est-ce qui donne envie de continuer ?

Si les injustices sont de plus en plus criantes ça re-craquer à d'autres moments. Il faut travailler auprès des personnes qui créent des injustices: pouvoir médiatique, politique, financier.

• Petits pas & pensée profonde ?

Les petites gouttes ne suffisent pas pour travailler les causes profondes.

• Quel lien entre rapport collectif à la mort et action ?

Ca permet de recentrer sur l'essentiel. Les gens commencent à vivre le jour où ils ont conscience qu'ils vont mourir.


Le petit mot de la libraire

On avait demandé à tous les intervenants, quel est le livre qui vous a fait basuler. Le public s'est précipité sur les livres proposant des outils concrets pour installer la coopération, la co-construction en équipe. Ce qui a bien fonctionné ce sont les fictions. La littérature adolescente et le souci de sensibiliser les jeunes. Le roman graphique est très sollicité car il décrit de manière simple des pensées complexes. Les essais économiques comme celui de Thomas Piketty ne sont pas partis... on est fatigués ;-)

Projet ERASMUS+ !

Merci à l'union Européenne et notamment à l'Agence Française ERASMUS+ d'avoir permis à deux élus, une habitante et deux techniciens du PETR Ariège de profiter de cette formation-action de grande qualité autour des communs proposée l'Agence Culturelle de Wallonie.

Cette action s'inscrit dans le cadre du projet ERASMUS+ AC1 - Secteur "Education des adultes" destiné à organiser des mobilités apprenantes entre juin 2023 et novembre 2024 pour les élus, les habitants et les techniciens du PETR Ariège afin de faciliter uen montée en compétences collective sur les nouvelles gouvernances locales autour des projets de la transition.