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L'habitat des communs en Occitanie

Restitution de la journée de lancement du Labo de l’habitat des communs – Toulouse, 16 septembre 2025

Le 16 septembre 2025, à Toulouse, la CRESS Occitanie et ses partenaires ont lancé le Labo de l’habitat des communs.
Cette journée a réuni collectivités, associations, coopératives, acteurs de la protection sociale et habitants pour penser et structurer une filière en plein essor.

L’habitat des communs – coopératif, inclusif, participatif ou intergénérationnel – propose des alternatives au modèle spéculatif. Il répond aux défis du vieillissement, de l’isolement et de la transition écologique en mettant les habitants et la solidarité au cœur des projets. L’habitat des communs n’est plus une utopie. Il est reconnu par les institutions, soutenu par la protection sociale et porté par des collectifs citoyens. Le Labo est le levier qui permettra de passer à l’échelle.

Pour les porteurs de projets de l’ESS, l’invitation est claire : rejoindre cette dynamique collective, valoriser leurs initiatives et plaider ensemble pour un modèle de logement solidaire, écologique et démocratique.

Habiter autrement : l’Occitanie se met en mouvement

Et si l’habitat devenait un bien commun ? Le 16 septembre 2025, à Toulouse, s’est tenu le lancement du Labo de l’habitat des communs, une initiative portée par la CRESS Occitanie et ses partenaires. Objectif : fédérer un réseau d’acteurs et donner de la visibilité à une multitude de projets citoyens qui réinventent la manière d’habiteritants et élus
Pourquoi l’habitat des communs ?

En Occitanie comme ailleurs, les besoins en logement évoluent : vieillissement de la population, précarité énergétique, isolement social. Face à ces défis, l’habitat des communs propose des alternatives : coopératives d’habitants, habitats inclusifs, colocations solidaires, projets intergénérationnels.

Ces initiatives partagent un socle commun :

  • mettre les habitants au centre,
  • sortir de la spéculation foncière,
  • favoriser la solidarité et l’écologie.
Une reconnaissance institutionnelle inédite

La Région Occitanie est la première en France à se porter garante bancaire pour les projets de l’ESS, facilitant l’accès au foncier et au financement. Plusieurs acteurs de la protection sociale – Malakoff Humanis, AG2R La Mondiale, Agirc-Arrco – se sont également engagés, confirmant que l’habitat est un levier majeur du « bien vieillir ».

Des expériences inspirantes
  • Le Gers expérimente l’habitat inclusif avec l’Assistance à Maîtrise d’Usage (AMU), pour co-construire avec les habitants.

  • Maison Artesage utilise la culture et l’art pour élargir les imaginaires, avec des ateliers et expositions photographiques.

  • Le Village de François associe habitat, emploi et écologie dans un écosystème de « permaculture humaine ».

  • L’Îlot vert de la Soulondres illustre la force d’une coopérative citoyenne… mais aussi les batailles pour convaincre les institutions et accéder à des prêts bancaires justes.

    Le rôle du Labo

    Le Labo de l’habitat des communs devient un outil central pour :

    • partager des ressources via une plateforme collaborative,
    • organiser des événements locaux et régionaux,
    • valoriser les projets auprès des élus, techniciens et habitants,
    • fédérer la filière à l’échelle régionale.

    L’Îlot vert de la Soulondres

    Une coopérative d'habitants non spéculative portant un projet d'habitat participatif et de jardin pédagogique à deux pas du centre-ville de Lodève dans l'Hérault.

    À Lodève, dans l’Hérault, un collectif d’habitants a imaginé un projet d’habitat citoyen ambitieux : L’Îlot vert de la Soulondres. Organisés en coopérative, ils sont à la fois propriétaires collectifs et sociétaires, ce qui permet à des personnes non éligibles à un emprunt classique d’accéder à un logement.

    Le projet repose sur une gouvernance partagée inscrite dans ses statuts, une forte solidarité financière entre habitants et des centaines d’heures de bénévolat. Ouvert sur son territoire, il a été soutenu par la commune, le département, la Région et des acteurs nationaux comme l’ANCT ou l’Agirc-Arrco.

    Avec un budget de 4,5 millions d’euros, dont la moitié en fonds propres, le parcours a été semé d’embûches : taux bancaires élevés, garanties difficiles à obtenir, nécessité de convaincre sans cesse les institutions. Mais l’engagement écologique et citoyen est fort : lutte contre la bétonisation, partenariat avec des artisans locaux, rédaction d’une charte de non-spéculation.

    Mais le projet aujourd'hui est devenu réalité.

    Durant la journée, plusieurs questions transversales sont apparues :

    • Comment intégrer réellement l’intergénérationnel ?
    • Comment concilier intérêts individuels et collectifs ?
    • Comment donner la parole aux publics invisibles (familles monoparentales, précaires)?
    • Comment adapter le temps long des projets (20 à 30 ans) à des financements souvent courts et inadaptés ?